Le capital social : un défi pour l'enseignement et l'engagement social de l'Église de Guinée

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Title: Le capital social : un défi pour l'enseignement et l'engagement social de l'Église de Guinée
Author: Lama, Richard
Abstract: La Guinée, pourtant considérée comme un des pays les plus riches de la sous-région Ouest-africaine, vit une pauvreté sans précédent. Malgré tous les efforts du gouvernement, des institutions de la société civile et autres ONG pour la sortir de son marasme économique, la Guinée est passée de la pauvreté à la misère. L’expérience de la remise de la dette italienne, qui a permis à l’Église de participer à la gestion concrète de cette situation, n’a pas apporté de solution durable. Devant cette impasse, notre hypothèse est que la notion de capital social, élaborée par Putnam, peut aider à réorienter, redynamiser, et corriger les stratégies de lutte contre la pauvreté, tout en permettant à l’Église de Guinée de préciser et de renouveler à la fois son enseignement et son engagement en matière de développement social. Pour établir la pertinence de notre hypothèse, nous mènerons une démarche en étapes Premièrement, nous procéderons à une analyse de la situation actuelle en Guinée: d’où vient que la pauvreté y augmente malgré les efforts pour la vaincre? Cela permettra de présenter le contexte qui a motivé notre recherche. Deuxièmement, l’Église de Guinée toujours proche de son peuple n’est pas restée à l’écart de la crise qui secoue le pays. Elle est intervenue "à temps et à contretemps" pour apporter sa contribution, selon ses compétences, à la recherche d’une solution. L’écho du travail assidu de l’Église de Guinée a eu un résultat inattendu. À l’occasion du Jubilé 2000, la conférence épiscopale italienne a pris une initiative pour réduire la dette extérieure des pays pauvres, un geste de solidarité ecclésiale, en poussant l’Italie à réduire la dette de deux pays africains: La Zambie et la Guinée. Cette initiative a abouti à la création du Fonds Guinéen pour la Reconversion de la Dette (FOGUIRED), dans le cadre d’un accord bilatéral entre les gouvernements guinéen et italien. Ce Fonds était destiné à soutenir les stratégies de développement, et à favoriser une véritable implication des acteurs de la société civile guinéenne dans la lutte contre la pauvreté. Toutes ces initiatives n’ont pas aidé le pays à décoller; la situation ne s’est pas améliorée; bien au contraire. Voilà qui pousse à questionner les stratégies de développement utilisées en Guinée. Dans notre recherche, nous avons découvert la notion du capital social. Parler du capital social, c’est parler d’un certain nombre de réalités : réseaux, normes de réciprocité et confiance, valeurs, culture, engagement, participation, honnêteté, société civile, institutions, groupes, communautés, etc., autant d’éléments qui sont de nature à atténuer les obstacles au développement que sont la corruption, les détournements, la gabegie, etc. La notion de capital social contient une approche qui aiderait à innover et à dynamiser les stratégies de développement en Guinée. La notion du capital social, analysée dans les chapitres quatre, cinq et six, a fait l’objet de nombreuses recherches dont celle de Robert D. Putnam. Celui-ci situe clairement le capital social dans les aspects de la vie collective qui rendent la communauté plus productive, soit par la participation, la confiance et la réciprocité. Voilà qui rejoint le plus l’intuition de notre thèse, et c’est pourquoi nous en faisons l’objet de tout un chapitre. En effet, un des grands obstacles à l’amélioration de la vie des communautés, et qui de ce fait engendre une méfiance généralisée en Guinée, est l’absence totale de confiance entre les hiérarchies de la société guinéenne, celles-là mêmes qui sont censées diriger les populations et orienter leur quête du bien-être. Ce déficit est alimenté par un style de gouvernance qui a favorisé la corruption et les pratiques laxistes. Ce manque de confiance s’étend à presque tous les niveaux : les associations, la famille, le village, les quartiers, les corporations etc. Dans un tel contexte la restauration de la confiance, qui est la base de la formation des réseaux, de l’action collective, mais aussi de la participation effective ou de l’engagement, passe par ce que Putnam appelle non seulement le capital social affectif (bonding) mais aussi le capital social relationnel (bridging). En vue d’une exploitation judicieuse des valeurs contenues dans la notion du capital social, nous en ferons une lecture critique, en rapport avec les réalités du terroir. Car l’approche endogène du développement requiert la prise en compte des valeurs des populations concernées. Dans cette optique, la notion de solidarité sociale chez les kpellè, qui reste une valeur fondamentale du terroir et qui, à chaque étape critique de son histoire, a aidé ce peuple de Guinée à survivre, semble assez proche de celle du capital social. Ainsi constituerait-elle une meilleure arme contre la pauvreté si cette solidarité est repensée de façon systématique, à la lumière de la notion du capital social et compte tenu des réalités nouvelles de la société guinéenne. C’est donc l’analyse de cette solidarité sociale chez les kpellè qui constituera le septième chapitre de cette recherche. De la notion du capital social à celle de la solidarité sociale chez les kpellè, tout concourt à un seul objectif : pour lutter efficacement contre la pauvreté en Guinée il faut instaurer une approche qui requiert un effort d’engagement, de confiance, de participation générale, effective de toutes les composantes de la société, sans exclure quelque catégorie que ce soit. L’enseignement social de l’Église viendrait appuyer ce projet de développement en l’éclairant de la lumière de l’Évangile, de telle sorte que l’approfondissement de ces notions ouvrirait la voie à ce que nous appelons la "théologie de la toile d’araignée" : une Parole de Dieu capable de mettre en exergue l’importance de chacun des petits fils qui, comme la toile d’araignée, tiennent les humains ensemble dans un réseau, en vue de la construction d’un monde où il fait bon vivre pour tous et pour toutes.
Date: 2012
URI: http://hdl.handle.net/10393/22792
Supervisor: Sharp, Carolyn
Faculty: theology
Degree: PhD

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